Le risque géopolitique présent à l’esprit de tout un chacun ces derniers mois était jusqu’alors suffisamment diffus pour ne pas supplanter des conditions de marché encore porteuses. Même le coup de force mené par les Américains le 3 janvier au Venezuela n’a pas inquiété les investisseurs, quand bien même il portait un message des plus clairs sur la posture américaine à l’égard du droit international. Les développements récents autour du Groenland sont, à l’évidence, d’une autre portée.
En premier lieu, parce qu’aucun argument recevable ne permet aux Européens d’accepter la menace que font peser les Américains sur l’indépendance de ce territoire. En second lieu, parce qu’en ressortant l’arme d’une surtaxe à l’importation à l’égard des pays qui s’opposeraient à l’annexion du Groenland, D. Trump ré-ouvre un dossier particulièrement sensible pour les entreprises européennes comme pour les américaines, dont nul ne peut prédire quelles seront les conséquences. De 10 % additionnels au 1er février, les droits de douanes pourraient être relevés de 25 % le 1er juin... Difficile, dès lors, d’imaginer que les marchés soient aussi conciliants que jusqu’alors. Quand bien même la stratégie défensive des Européens sera, peut-être, couronnée de succès, in fine, le risque d’escalade, au moins verbale, a tout lieu de dominer à court terme et de conduire à des réflexes protecteurs contraires au regain d'appétit pour le risque observé depuis le début de l'année. 
L'indice Nikkei, en repli de 1,4% à l'ouverture donne sans doute le ton. Les marchés souverains auront du mal à jouer leur rôle de refuge dans un contexte de regain des craintes inflationnistes, doublées de nouvelles raisons de dérapages des budgets de la défense. Restent, les précieux, aujourd'hui suivis par la plupart des métaux, toujours bien positionnés pour tirer leur épingle du jeu...
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